Avec leur façon de chanter en chœur, tout en nonchalance et sans jamais pousser les cordes vocales vers la rupture, les jumelles Lijadu pourraient passer pour d’inoffensives nigérianes, idéales pour un répertoire de comptines. Erreur. Il s’agit bien là de deux guerrières rompues aux expériences musicales et qui ont eu le cran d’entremêler leurs racines afro dans un nourrissant terreau composite. De la soul, du rock et du disco, mais aussi des guitares avec un buvard de LSD sous les cordes et des claviers futuristes sous surveillance d’un cerbère des percussions. Ces titres moissonnés parmi ceux enregistrés pour le label Afrodisia (1976-79) permettent ainsi de faire connaissance avec cette version africaine des Brides of Funkenstein.